Il est l'heure d'une petite révolution libérale en Belgique
par Adrien, mardi 13 janvier 2009 à 14:16 | Idées | #55 | rss

Ceci a commencé avec l'accueil poli et indifférent de "Lidé", un nouveau parti qui, selon les compte-rendus, prônait une sorte de bonne gouvernance en Wallonie. Il reste à voir si ce parti fournira quelque résultat, mais il me semble que les journalistes sont passés un peu vite sur un des dix points de son programme: la fin du chômage illimité dans le temps.
Le chômage illimité n'est pas seulement une politique belge qui a été abandonnée partout ailleurs où elle a été tentée. C'est aussi un système idiot et inique.
C'est un système inique parce qu'il est contraire au principe du chômage, lequel a pour but de soutenir les personnes qui ont perdu leur emploi pour leur permettre d'en retrouver un autre. Le chômage n'est pas une allocation universelle. C'est une aide par définition temporaire, puisque cette aide a pour but et fin le retour à l'emploi.
Mais c'est surtout un système idiot. En effet, de nombreuses personnes ne retrouvent pas d'emploi parce que leur qualifications ne rencontrent pas la demande. Le chômage devrait donc permettre d'obtenir de nouvelles formations pour pouvoir retrouver un emploi. Seulement, l'allocation en tant que telle permet de vivre mais sûrement pas de se payer une nouvelle formation. Or, la plus longue durée moyenne du chômage en Belgique diminue les moyens disponibles pour subsidier des formations ou pour augmenter les allocations de sorte que celles-ci puissent payer pour ces formations. Mais le chômage de longue durée renforce aussi l'image du chômeur paresseux et a poussé l'Etat à créer une activation des chômeurs (activation qui a succédé au très similaire pointage).
Mais qu'est-ce que l'activation sinon une grande administration coûteuse? D'une part, cela nécessite des rendez-vous réguliers avec les chômeursn et du papier administratif dans toutes les couleurs. D'autre part, cela induit un coût pour chaque entreprise qui délivre des certificats à des chômeurs que l'entreprise n'a aucune intention d'engager et qui n'ont aucune intention de travailler pour cette entreprise. Ces chômeurs sont-ils pour autant des profiteurs? Non, ils répondent logiquement à un système idiot qui les poussent à "pointer" dans les entreprises . Ce merveilleux gaspillage d'argent pourrait donc être dépensé de manière bien plus adéquate.
Formation (et soutien psychologique) devrait être le maître mot d'un chômage limité à cinq ans, une durée largement suffisante pour obtenir des qualifications qui répondent à la demande. Bien entendu, il y aurait encore du chômage même si tous les postes actuellement vides faute de personnel qualifié étaient attribués. Il est aussi certain que la fin du chômage illimité demanderait d'autres adaptations que celles mentionnées dans ce (presque) bref billet. Mais à tout le moins un licenciement ne serait plus synonyme de drame social (voire de dépression) comme il est aujourd'hui, parce qu'une personne licenciée a de fortes chances d'arriver à la pension sans autre emploi, faute d'une chance à saisir. Un chômeur pourrait utiliser son temps de manière positive, car il pourrait être confiant dans son retour prochain à l'emploi.

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